Robin lifting the lid of a covered dish at a dinner table

Who Would You Invite to Dinner? The French Conditional (B1)

If you could invite anyone from history to dinner, who would it be? Marion would invite Leonardo da Vinci. Robin would invite Molière, and he already knows what he would serve him: a very surprising dish, revealed at the end of the episode. In this episode of Fluentable French, you learn three key uses of the French conditional.

Level: B1. What you'll learn: the conditional to imagine, to be polite and to give advice, and the irregular forms you need.

An imaginary dinner

Marion chooses Leonardo da Vinci, the painter of the Mona Lisa and an inventor who drew flying machines long before planes. Her first question: « Si vous viviez aujourd'hui, qu'est-ce que vous inventeriez ? » (If you lived today, what would you invent?)

Robin chooses Molière, the playwright who made fun of pretentious people and hypocrites. After all, French is often called « la langue de Molière ». His question: « De quoi est-ce que vous vous moqueriez aujourd'hui ? » (What would you make fun of today?)

Then they play the scene: Robin becomes Molière, Marion becomes Leonardo, and both discover the modern world… starting with a smartphone. They also imagine the guests listeners might choose, and what it would be like to have dinner in the past.

And Robin's surprising dish for Molière? Listen to the end of the episode.

6 words for imagining and hosting

French English Example
être dépaysé(e) to feel out of place, disoriented Le premier jour dans un nouveau pays, on est dépaysé.
se moquer de quelqu'un to make fun of someone Arrête de te moquer de moi !
un chef-d'œuvre a masterpiece Ta tarte aux pommes, c'est un chef-d'œuvre.
être curieux, curieuse to be curious La curiosité est une qualité… en général.
un invité, une invitée a guest Recevoir des invités.
imaginer · l'imagination to imagine · imagination Imagine que tu es en vacances, au soleil.

Grammar: three key uses of the conditional

The form: future stem + imparfait endings. Je dirais, tu dirais, il dirait, nous dirions, vous diriez, ils diraient.

1. To imagine a situation that isn't real, often with si + imparfait:

Si Léonard de Vinci vivait aujourd'hui, il inventerait des choses incroyables.

2. To be polite, to soften a request:

Je voudrais un café. (instead of je veux) · Vous pourriez m'aider ? · Est-ce que vous voudriez vous asseoir ?

3. To give advice or make a suggestion:

Tu devrais venir. · On pourrait aller au théâtre. · À ta place, je lirais Molière. · Si j'étais toi, je…

Irregular conditionals to know by heart: je serais, j'aurais, je ferais, j'irais, je pourrais, je voudrais, je devrais, je saurais, je viendrais, je verrais.

A useful expression for regrets: Si j'avais su, je serais venu plus tôt. (If I had known, I would have come earlier.) In the episode (11:42), we call « Si j'avais su, je serais resté » a past conditional. More precisely, the sentence uses si + plus-que-parfait (si j'avais su), then the past conditional (je serais resté). You use it to talk about a regret, about something in the past that didn't happen. It's the natural next step after what you learn in this episode: si + imparfait, then the present conditional.

Common mistakes to avoid

  1. Conditional after the « si » of a condition: ✗ si je pourrais → ✓ si je pouvais.
  2. Mixing up imparfait and conditional for politeness: je voulais un café exists, but it's not the same form. The conditional is je voudrais.
  3. Future vs conditional in writing: demain, je pourrai venir (future, -ai) vs je pourrais venir si… (conditional, -ais).
  4. Forgetting the « r »: ✗ je voudais → ✓ je voudrais. Tip: compare the same verb. The conditional uses the future stem, with its r just before the ending: je voulais → je voudrais, je pouvais → je pourrais.

Practise: 10 sentences to remember

  • Si je pouvais, j'inviterais Molière.
  • Je lui poserais beaucoup de questions.
  • Est-ce que vous voudriez vous asseoir ?
  • Qu'est-ce que vous penseriez de notre époque ?
  • Vous pourriez m'aider, s'il vous plaît ?
  • À ta place, je partirais tout de suite.
  • Tu devrais lire ce livre.
  • On pourrait aller au théâtre ce soir.
  • Si j'avais su, je serais venu plus tôt.
  • Ce serait un dîner inoubliable.

Quick quiz. (1) Make it polite: « Je veux un verre d'eau. » (2) Correct: « Si je pourrais, je viendrais. » (3) Give advice with devoir: « Tu… (devoir) dormir plus. »

Answers: (1) Je voudrais un verre d'eau. (2) Si je pouvais, je viendrais. (3) Tu devrais dormir plus.

Frequently asked questions

What are the main uses of the French conditional?

To imagine (si j'avais le temps, je voyagerais), to be polite (je voudrais) and to give advice (tu devrais).

Why is French called « la langue de Molière »?

Molière is one of the most famous French playwrights, so the expression is often used to talk about the French language, like “the language of Shakespeare” for English.

How do you make a polite request in French?

Use the conditional: je voudrais…, vous pourriez…, est-ce que vous voudriez….

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New episodes of Fluentable French come out regularly on YouTube. Marion and Robin are fictional characters and the stories are invented by the Fluentable team; the voices are 100% human.

Full transcript (in French)

The complete script of the episode, lightly edited where a phrase needed correcting. When Marion and Robin mention “the link in the description”, it's the button on this page. Read along while you listen, then try reading a part out loud.

Introduction

Marion : Robin, si tu pouvais inviter à dîner une personne de l'histoire, n'importe laquelle, tu choisirais qui ?

Robin : Je sais exactement qui. Et je sais aussi ce que je lui servirais à manger.

Marion : Et c'est quoi ?

Robin : Un plat très surprenant. Je te le dirai… à la fin de l'épisode.

Marion : Bonjour et bienvenue dans Fluentable French. Moi, c'est Marion.

Robin : Et moi, c'est Robin. Si tu veux connaître ton niveau de français, le test de niveau gratuit est dans la description.

Marion : Aujourd'hui, un épisode de niveau B1 et un jeu d'imagination : quel personnage historique est-ce qu'on inviterait à dîner ?

Robin : Et pour imaginer, il nous faut un outil : le conditionnel. Dans l'épisode sur la semaine de quatre jours, on a vu la structure avec « si ». Aujourd'hui, on va plus loin : le conditionnel pour imaginer, pour proposer, et pour poser des questions très polies.

Marion : Très polies, parce qu'on reçoit des invités très importants.

Partie 1 : nos invités

Robin : Alors, Marion. Toi, tu inviterais qui ?

Marion : Moi, j'inviterais Léonard de Vinci.

Robin : Le peintre de la Joconde.

Marion : Le peintre de la Joconde, oui, mais pas seulement. C'était aussi un inventeur. Il dessinait des machines incroyables, des machines pour voler, par exemple, bien avant les avions. Il s'intéressait à tout : la peinture, la science, le corps humain, l'eau, les oiseaux…

Robin : Un homme très curieux.

Marion : C'est exactement pour ça que je l'inviterais. Parce que moi aussi, je suis curieuse de tout. Et je pense qu'on ne s'ennuierait pas une seule seconde.

Robin : Et tu lui poserais quelle question en premier ?

Marion : Je lui demanderais : « Si vous viviez aujourd'hui, qu'est-ce que vous inventeriez ? »

Robin : Belle question.

Marion : Et je lui montrerais un avion. Un vrai. Je voudrais voir son visage quand il verrait qu'on vole vraiment.

Robin : Il serait peut-être déçu. Il dirait : « Mon dessin était plus joli. »

Marion : Possible. Et toi, alors ? Ton invité ?

Robin : Moi, j'inviterais Molière.

Marion : Molière ! L'homme de théâtre.

Robin : Oui. Il écrivait des comédies, il jouait dans ses propres pièces, il se moquait des gens prétentieux, des faux savants, des hypocrites. C'est le râleur le plus drôle de l'histoire de France.

Marion : Je comprends pourquoi tu l'aimes. Un râleur professionnel.

Robin : Exactement. Et on dit souvent que le français, c'est « la langue de Molière ». Alors, pour un podcast sur le français, ce serait l'invité parfait.

Marion : C'est vrai, on dit « la langue de Molière », comme on dit « la langue de Shakespeare » pour l'anglais. Et tu lui demanderais quoi ?

Robin : Je lui demanderais : « De quoi est-ce que vous vous moqueriez aujourd'hui ? »

Marion : Oh, je suis sûre qu'il aurait beaucoup d'idées.

Robin : Les influenceurs, les réunions, les gens qui parlent fort au téléphone dans le train… Il écrirait une pièce par semaine.

Les mots de l'imagination

Marion : Six mots pour parler d'imagination. Le premier est presque impossible à traduire : être dépaysé. Se sentir perdu, étonné, loin de ses habitudes.

Robin : Comme le premier jour dans un nouveau pays. Ensuite : se moquer de quelqu'un. Rire de lui, souvent un peu méchamment.

Marion : Le troisième, c'est un chef-d'œuvre. Une œuvre exceptionnelle. Un tableau, un livre… ou une tarte aux pommes.

Robin : Ta tarte aux pommes, c'est un chef-d'œuvre.

Marion : Tu dis ça parce que tu as faim. Ensuite : être curieux, curieuse. Avoir envie de tout découvrir.

Robin : Un invité, une invitée : la personne qu'on reçoit chez soi.

Marion : Et pour finir : imaginer. Créer une image dans sa tête. Imagine : une plage, le soleil…

Robin : … et une tarte aux pommes.

Le point de langue : les trois usages du conditionnel

Robin : Le point de langue commence par une phrase qui peut vexer un serveur : « Je veux un café. » En France, ça sonne un peu sec.

Marion : La version polie, c'est le conditionnel : « Je voudrais un café. » Et au lieu de « vous pouvez m'aider ? », on dit : « vous pourriez m'aider ? »

Robin : Le conditionnel adoucit la demande. Avec un invité très important, c'est parfait : est-ce que vous voudriez du vin ? Est-ce que ça vous dérangerait de signer un autographe ?

Marion : Voilà le premier usage : la politesse. Rappel rapide de la forme : la base du futur, plus les terminaisons de l'imparfait. Je dirais, tu dirais, il dirait, nous dirions, vous diriez, ils diraient.

Robin : Autre usage : imaginer. Une situation qui n'est pas réelle. Souvent avec « si » et l'imparfait. Si Léonard de Vinci vivait aujourd'hui, il inventerait des choses incroyables. Mais on peut aussi imaginer sans « si » : à ta place, je partirais. Dans un monde idéal, tout le monde parlerait français.

Marion : Dans un monde idéal. Et le troisième usage, très pratique : le conseil et la proposition. À ta place, je lirais Molière. Tu devrais venir. On pourrait aller au théâtre. Ce serait bien de…

Robin : « Tu devrais », « on pourrait », « à ta place, je… », « si j'étais toi, je… ». Ce sont des formules très fréquentes. Si j'étais toi, je réécouterais cet épisode deux fois.

Marion : Et pour finir, une petite liste de conditionnels irréguliers à connaître par cœur : je serais, j'aurais, je ferais, j'irais, je pourrais, je voudrais, je devrais, je saurais, je viendrais, je verrais.

Robin : Écoute la liste, puis mets sur pause et répète-la à voix haute : je serais, j'aurais, je ferais, j'irais, je pourrais, je voudrais.

Partie 2 : le dîner imaginaire

Marion : Maintenant, on joue. On imagine le dîner. Tu es Molière, et moi, je suis Léonard de Vinci. On se retrouve tous les deux dans notre monde moderne. Bien sûr, c'est de la fiction totale.

Robin : Très bien. Je suis Molière. Monsieur de Vinci, quel honneur ! Est-ce que vous voudriez vous asseoir ?

Marion : Avec plaisir, monsieur Molière. Dites-moi… cette petite boîte lumineuse sur la table, qu'est-ce que c'est ?

Robin : On m'a dit que c'était un téléphone. Les gens d'aujourd'hui le regardent toute la journée.

Marion : Toute la journée ? Mais alors, quand est-ce qu'ils regardent le ciel ? Les oiseaux ? Les arbres ?

Robin : Je crois qu'ils regardent des photos du ciel, des oiseaux et des arbres. Sur le téléphone.

Marion : Si j'avais su, je serais resté dans mon atelier !

Robin : Moi, ça me donnerait une idée de pièce. Un homme tellement occupé avec son téléphone qu'il ne voit pas que sa maison brûle. Je l'appellerais… « Le Malade du téléphone ».

Marion : C'est très drôle. Mais dites-moi, monsieur Molière, si vous pouviez changer une chose dans ce monde moderne, qu'est-ce que vous changeriez ?

Robin : Hmm… J'interdirais les téléphones au théâtre. Quand je joue, je veux voir des visages, pas des écrans.

Marion : Je suis d'accord. Et moi, si je pouvais, j'aiderais les gens à être plus curieux. Je leur dirais : « Observez ! Posez des questions ! Dessinez ce que vous voyez ! »

Robin : Et nos trains, nos voitures, nos avions, qu'est-ce que vous en penseriez ?

Marion : Je serais fasciné ! Je voudrais tout démonter pour comprendre comment ça marche. Est-ce que vous pensez qu'on me laisserait démonter un avion ?

Robin : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Surtout pas pendant le vol.

Marion : Et la nourriture ? Vous aimeriez goûter quoi ?

Robin : Ah, là, j'ai une surprise pour vous. Mais je la garde pour la fin du repas.

Marion : On sort du jeu. C'était très amusant ! Et tu as remarqué tous les conditionnels ? Vous voudriez, qu'est-ce que vous changeriez, je serais fasciné, on me laisserait…

Robin : Et une forme un peu plus avancée : « si j'avais su, je serais resté ». C'est le conditionnel passé, pour un regret. On le verra en détail au niveau B2. Pour l'instant, retiens juste l'expression : si j'avais su…

Marion : Une expression très fréquente quand on regrette quelque chose. Si j'avais su, je serais venue plus tôt !

Partie 3 : les invités de nos auditeurs

Robin : Pour cette partie, on a imaginé les réponses que nos auditeurs pourraient nous envoyer. Qui inviteraient-ils à dîner ?

Marion : On commence avec Grace, aux États-Unis : « Moi, je n'inviterais pas un personnage célèbre. J'inviterais ma grand-mère, quand elle avait vingt ans. Je voudrais savoir comment elle était, à mon âge. »

Robin : Oh… C'est la plus belle réponse possible.

Marion : C'est vrai. Je n'y avais pas pensé. Si je pouvais faire ça, je lui demanderais quels étaient ses rêves. Et si elle les a réalisés.

Robin : Et moi, je demanderais à mon grand-père de vingt ans s'il râlait déjà. Je suis sûr que oui. C'est génétique.

Marion : Ensuite, Mehdi, au Maroc : « J'inviterais le premier humain qui a fait du pain. Je lui dirais merci. »

Robin : Mehdi, tu es mon frère. Je m'assoirais à côté de lui, et je lui servirais une baguette moderne. Je voudrais voir sa réaction.

Marion : Il pleurerait de joie, j'en suis sûre.

Robin : Chez Elena, en Grèce, c'est plus original : « Moi, j'inviterais la personne qui a inventé la grammaire française. J'aurais beaucoup de questions. Et quelques reproches. »

Marion : Quelques reproches ! Elena, je comprends. Mais la grammaire n'a pas été inventée par une seule personne. Elle a changé lentement, pendant des siècles, avec des millions de personnes qui parlaient.

Robin : Donc Elena devrait inviter des millions de personnes. Il faudrait une très grande table.

Marion : Et pour finir, Jonas, en Allemagne : « J'inviterais mon moi du futur, dans vingt ans. Je lui demanderais si je parle enfin bien français. »

Robin : Jonas, je peux te répondre à sa place : si tu écoutais ce podcast tous les jours, ton moi du futur te remercierait. Et il te dirait sans doute : « Merci d'avoir continué. »

Marion : C'est très joli, Robin. Tu deviens sentimental.

Robin : C'est le conditionnel. Ça rend sentimental.

Et si c'était l'inverse ?

Marion : Maintenant, on inverse le jeu. Imagine que ce n'est pas Molière qui vient chez nous. C'est nous qui allons dîner dans le passé. Qu'est-ce que tu apporterais ?

Robin : Hmm… J'apporterais un fromage. C'est le cadeau parfait, à toutes les époques.

Marion : Moi, j'apporterais une lampe de poche. Imagine leur surprise ! Une lumière dans la main, sans feu.

Robin : Ils penseraient que tu es une sorcière.

Marion : Peut-être. Alors je l'utiliserais discrètement. Et toi, qu'est-ce qui serait le plus difficile pour toi, dans le passé ?

Robin : Le confort, je pense. Pas de douche chaude, pas de chauffage, des routes difficiles. Je râlerais du matin au soir.

Marion : Et la langue ! Le français d'il y a quelques siècles n'était pas exactement le même. Certains mots avaient un autre sens, la prononciation était différente… On comprendrait beaucoup de choses, mais pas tout.

Robin : Donc on serait un peu comme des apprenants de français. On comprendrait l'essentiel, on demanderait de répéter, on ferait des erreurs.

Marion : Exactement ! Et je pense que ça nous rendrait plus patients avec les apprenants. On saurait ce que c'est, de ne pas tout comprendre.

Robin : C'est une belle conclusion. Toi qui écoutes et qui n'as pas tout compris aujourd'hui : c'est normal. Même Marion et moi, dans le passé, on serait perdus.

Marion : Et à toi : si tu pouvais dîner à une autre époque, quel cadeau apporterais-tu ? Réponds avec « j'apporterais » et explique pourquoi. Mets sur pause et réponds.

Partie 4 : le dîner continue

Marion : Et maintenant, on retourne à notre dîner imaginaire. Parce que nos deux invités ont commencé à discuter… et ça devient sérieux. Rappel : c'est de la fiction totale.

Robin : Je redeviens Molière. Monsieur de Vinci, une question me tourmente. À votre avis, quel est le plus grand art ? La peinture, ou le théâtre ?

Marion : Quelle question, monsieur Molière ! Je dirais la peinture, bien sûr. Un tableau reste pendant des siècles. Votre pièce, elle, disparaît quand le rideau tombe.

Robin : Ah, mais vous oubliez une chose. Un tableau ne parle pas. Il ne fait pas rire. Il ne fait pas pleurer une salle entière en même temps. Si vous veniez au théâtre un soir, vous comprendriez.

Marion : Et si vous restiez une heure devant un beau tableau, en silence, vous comprendriez peut-être que la peinture parle aussi. Mais à voix basse.

Robin : Touché. Je propose un échange. Vous venez voir ma pièce demain soir, et après, vous me montrez votre atelier.

Marion : Marché conclu. Mais je vous préviens : si votre pièce m'ennuyait, je dessinerais pendant tout le spectacle.

Robin : Et si votre atelier m'ennuyait, j'écrirais une comédie sur vous. « Le Peintre qui ne finissait jamais rien. »

Marion : Comment savez-vous que je ne finis pas toujours mes projets ?

Robin : Je l'ai imaginé. Un homme qui s'intéresse à tout ne peut pas tout finir. Il n'aurait pas assez de vies.

Marion : C'est vrai. Si j'avais dix vies, je ferais dix métiers. Et je ne finirais toujours pas tout.

Robin : Et moi, si j'avais dix vies, j'écrirais dix mille comédies. Le monde ne manque jamais de gens ridicules.

Marion : Vous êtes terrible, monsieur Molière.

Robin : Je suis observateur. Ce n'est pas la même chose.

Marion : On sort du jeu. C'était très amusant, et très riche en conditionnels. Tu as remarqué la structure qui revient ? Si vous veniez, vous comprendriez. Si votre pièce m'ennuyait, je dessinerais. Si j'avais dix vies, je ferais.

Robin : Toujours la même mécanique : si plus imparfait, puis conditionnel. Une fois qu'on l'a dans l'oreille, on peut imaginer n'importe quoi.

Le grand dîner des auditeurs

Marion : Et maintenant, une dernière folie. Imagine qu'on organise un immense dîner avec tous les invités de cet épisode. Léonard, Molière, la grand-mère de Grace, le premier boulanger de Mehdi, le Jonas du futur…

Robin : Ce serait le dîner le plus bizarre de l'histoire.

Marion : Qui serait assis à côté de qui ?

Robin : Je mettrais Molière à côté de la grand-mère de Grace. Je suis sûr qu'elle aurait des histoires de famille incroyables, et qu'il les adorerait. Il en ferait une pièce.

Marion : Et je mettrais Léonard à côté du premier boulanger. Deux inventeurs. L'un a inventé des machines, l'autre a inventé le pain. Ils parleraient de cuisson et de mécanique toute la nuit.

Robin : Et le Jonas du futur, je le mettrais à côté de nous. Il pourrait nous dire si ce podcast existe encore dans vingt ans.

Marion : Et s'il nous disait non ?

Robin : Alors je râlerais. Et Molière écrirait une comédie sur un podcasteur qui râle.

Marion : Et toi qui écoutes, qui mettrais-tu à côté de ton invité ? Fais une phrase avec « je mettrais » et une autre avec « ils parleraient de ». Mets sur pause et fais tes deux phrases.

Les erreurs fréquentes

Robin : Les erreurs fréquentes. La plus classique, on l'a déjà vue : « si » plus le conditionnel. On ne dit pas « si je pourrais », mais « si je pouvais ».

Marion : Autre confusion : l'imparfait pour être poli. « Je voulais un café. » En réalité, les Français disent ça aussi, c'est une autre forme de politesse. Mais attention, l'imparfait et le conditionnel ne se ressemblent pas : je voulais, je voudrais. Pour commander, le plus simple et le plus sûr, c'est : je voudrais.

Robin : Attention aussi aux terminaisons, à l'écrit. À l'oral, je pourrai, au futur, et je pourrais, au conditionnel, se ressemblent beaucoup. Mais à l'écrit, le futur finit par a, i, sans s : demain, je pourrai venir. Et le conditionnel finit par a, i, s : je pourrais vous aider ? Pour une demande polie, à l'écrit, n'oublie pas le s.

Marion : Et une erreur qu'on entend souvent chez les apprenants : oublier le « r » des verbes irréguliers. « Je voudais », « je pouvais » pour dire je pourrais… Non : je voudrais, je pourrais, je devrais. On entend bien le « r » : je voudrais, je pourrais.

Robin : Un petit truc : si tu hésites entre l'imparfait et le conditionnel, cherche le « r ». Compare le même verbe : je voulais, je voudrais. Le conditionnel a le « r » du futur juste avant la terminaison.

À toi de jouer

Marion : À toi de jouer. C'est toi qui organises le dîner maintenant. Après chaque question, mets sur pause et réponds. Ensuite, je te donne un exemple.

Robin : D'abord : si tu pouvais inviter une personne de l'histoire, qui inviterais-tu, et pourquoi ?

Marion : Exemple de réponse : j'inviterais Victor Hugo, parce que j'adore ses romans, et je lui poserais des questions sur ses personnages.

Robin : Ensuite : qu'est-ce que tu lui servirais à manger ?

Marion : Exemple : je lui servirais une raclette, parce que c'est convivial et qu'on pourrait discuter longtemps.

Robin : Maintenant, pose une question très polie à ton invité, avec le conditionnel. Commence par « est-ce que vous voudriez » ou « qu'est-ce que vous penseriez de ».

Marion : Exemple : qu'est-ce que vous penseriez de notre époque ? Est-ce que vous voudriez vivre aujourd'hui ?

Robin : Et une dernière, pour donner un conseil : ton ami hésite à apprendre une nouvelle langue. Qu'est-ce que tu lui dis ? Commence par « à ta place » ou « tu devrais ».

Marion : Exemple : à ta place, je commencerais tout de suite. Tu devrais écouter un podcast tous les jours.

Robin : Un podcast au hasard.

Les phrases à retenir

Marion : Voici les dix phrases à retenir de l'épisode. Mets sur pause après chacune et répète-la à voix haute.

Robin : Si je pouvais, j'inviterais Molière.

Marion : Je lui poserais beaucoup de questions.

Robin : Est-ce que vous voudriez vous asseoir ?

Marion : Qu'est-ce que vous penseriez de notre époque ?

Robin : Vous pourriez m'aider, s'il vous plaît ?

Marion : À ta place, je partirais tout de suite.

Robin : Tu devrais lire ce livre.

Marion : On pourrait aller au théâtre ce soir.

Robin : Si j'avais su, je serais venu plus tôt.

Marion : Ce serait un dîner inoubliable.

Robin : Très bien. Ces phrases, tu peux les utiliser dès demain : au café, au travail, avec tes amis.

Quiz

Marion : Le quiz ! Sept questions : d'abord deux questions de compréhension, puis cinq autres. Pour chacune, mets sur pause si tu veux chercher : la réponse arrive juste après.

Robin : Première question de compréhension. Quelle question Marion poserait à Léonard de Vinci ? Réponse : « Si vous viviez aujourd'hui, qu'est-ce que vous inventeriez ? »

Marion : Deuxième question de compréhension. Qui Grace inviterait à dîner, et pourquoi ? Réponse : sa grand-mère, quand elle avait vingt ans, pour savoir comment elle était à son âge.

Robin : Question trois. Rends la phrase plus polie : « Je veux un café. » Réponse : je voudrais un café.

Marion : Question quatre. Complète : « Si Léonard de Vinci… vivre… aujourd'hui, il inventerait des choses incroyables. » Réponse : si Léonard de Vinci vivait aujourd'hui. L'imparfait après « si ».

Robin : Question cinq. Futur ou conditionnel ? « Vous… pouvoir… m'aider, s'il vous plaît ? » C'est une demande polie. Réponse : vous pourriez, au conditionnel. Au futur, on dirait : vous pourrez.

Marion : Question six. Donne un conseil à un ami fatigué, avec « tu devrais ». Réponse possible : tu devrais te reposer, tu devrais dormir plus tôt.

Robin : Question sept. Que veut dire « être dépaysé » ? Réponse : se sentir perdu, étonné, dans un endroit très différent de chez soi.

The answer

Marion : Alors, Robin. Le plat très surprenant que tu servirais à Molière ?

Robin : Une pizza.

Marion : Une pizza ? Pour Molière ?

Robin : Une pizza, livrée à domicile. Imagine : on sonne à la porte, un livreur arrive en scooter, il donne une boîte chaude, et il repart. Molière ne comprendrait rien. Il penserait que c'est un personnage de théâtre.

Marion : Et il en ferait une comédie !

Robin : Exactement. « Le Livreur imaginaire ». Ce serait un chef-d'œuvre.

Au revoir

Marion : Merci d'avoir écouté Fluentable French ! Et toi, tu inviterais qui ? Si tu as envie d'en parler avec un vrai prof, et d'utiliser le conditionnel dans une vraie conversation, réserve un cours d'essai avec notre école. Le lien est dans la description.

Robin : Et écris ton invité idéal en commentaire. Avec le conditionnel, bien sûr.

Marion : À bientôt !

Robin : À bientôt. Je vais commander une pizza.

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