Why Do the French Complain So Much? (Intermediate French Podcast, B1)
The rain, the metro, the coffee machine… In France, complaining is almost a national sport. It even has its own verb: râler. In this episode of Fluentable French, Marion and Robin debate it. Is it a national flaw or a real talent? And while they argue, you learn how to explain causes and consequences in natural French.
Level: B1 (intermediate). What you'll learn: cause and consequence connectors (parce que, comme, puisque, à cause de, grâce à, donc, du coup), and how to complain from very casual to very polite.
Râler: complaining, the French way
For Robin, râler is not the same as se plaindre (to complain about a real problem). Râler is lighter: you grumble about small things, often with a bit of humour, and you don't really expect a solution. The metro is two minutes late? « Ah, c'est pas possible, ça ! » (Oh, this is unbelievable!)
His theory: grumbling together creates a bond. You don't know your neighbour, but you both grumble about the rain… and suddenly you're talking. Marion disagrees: for her, constant complaining is contagious, « comme un rhume » (like a cold).
In the debate, each of them gives three arguments:
- For râler (Robin): it lets off steam, it shows a critical mind, and it's funny, almost like theatre.
- Against (Marion): it gives the French a grumpy image, it becomes a habit, and there is a better way to say things: « ce serait mieux si… » (it would be better if…).
At the end, Marion challenges Robin to something impossible for a Frenchman. Does he survive it? Listen to the end of the episode.
Useful words for grumbling like a French person
| French | English | Example |
|---|---|---|
| râler · un râleur, une râleuse | to grumble · a grumbler | Robin est un grand râleur. |
| ronchonner | to grumble (softer, a bit childish) | Mon grand-père ronchonne. |
| en avoir marre (casual) | to be fed up | J'en ai marre de la pluie. |
| C'est n'importe quoi ! | That's ridiculous! | Trois heures de retard ? C'est n'importe quoi ! |
| souffler | to huff (and puff), to sigh loudly (to show you're annoyed) | Pfff… |
| être de mauvaise humeur | to be in a bad mood | Robin est de mauvaise humeur le lundi. |
Grammar: cause and consequence in French
To give a cause (explain why):
- parce que + subject + verb: Je râle parce que le métro est en retard. (I'm grumbling because the metro is late.)
- comme + verb, at the start, before the main clause, when comme means as/since: Comme il pleut, je reste à la maison. (As it's raining, I'm staying home.)
- puisque + verb, for a cause the other person already knows, or that seems obvious: Puisque tu ne râles jamais, tu peux faire la vaisselle. (Since you never grumble, you can do the dishes.)
- à cause de + noun, for a negative or neutral cause: Je suis en retard à cause de la grève. (I'm late because of the strike.) With le, it becomes du; with les, des: à cause du bruit, à cause des grèves.
- grâce à + noun, for a positive cause: J'ai parlé à mon voisin grâce à la pluie. (I talked to my neighbour thanks to the rain.) With le, it becomes au; with les, aux: grâce au soleil, grâce aux voisins.
To give a consequence (the result):
- donc: Il pleut, donc je râle. (It's raining, so I'm grumbling.)
- du coup, very common when speaking: Il pleut, du coup je reste à la maison. (It's raining, so I'm staying home.)
- c'est pourquoi (more formal, written) · c'est pour ça que (everyday speech; written: c'est pour cela que): Robin râle beaucoup, c'est pourquoi ses collègues l'évitent le lundi. (Robin grumbles a lot, which is why his colleagues avoid him on Mondays.)
Complain with style: from casual to polite
| Expression | Register | Meaning |
|---|---|---|
| Ça me saoule. | very casual | It's getting on my nerves. |
| J'en ai ras-le-bol. | casual | I'm sick and tired of it. |
| Ça commence à bien faire. | neutral | This has gone on long enough. |
| On se moque de qui ? | casual | Who do they take us for? |
| Ce n'est pas croyable ! | neutral | Unbelievable! |
| Je trouve ça un peu dommage. | polite | I find that a bit of a shame. |
With your friends, « ça me saoule » is fine. With your boss, choose « je trouve ça un peu dommage ».
And if you try to speak French and the waiter answers in English, here is the magic sentence from the episode: « Je préfère parler français, j'apprends. » (I'd rather speak French, I'm learning.)
Common mistakes to avoid
- « parce que » + noun: not « parce que la grève », but à cause de la grève or parce qu'il y a une grève.
- « grâce à » for something negative: « J'ai raté mon bus grâce à la pluie » sounds ironic. Use à cause de.
- « comme » in the middle: not « Je reste à la maison comme il pleut », but Comme il pleut, je reste à la maison.
- « du coup » everywhere: fine when speaking, but in a professional email or an exam, prefer donc or c'est pourquoi.
Practise: 10 sentences to remember
Say them out loud, copying the grumbler's intonation.
- Je râle parce que le métro est en retard.
- Comme il pleut, je reste à la maison.
- Je suis en retard à cause de la grève.
- J'ai parlé à mon voisin grâce à la pluie.
- Il fait froid, du coup je prends un café.
- J'en ai marre de ces embouteillages.
- Ça commence à bien faire.
- Non mais on se moque de qui ?
- Je trouve ça un peu dommage.
- Ce serait mieux si on en parlait calmement.
Quick quiz. (1) « Je suis arrivée en retard… la grève »: grâce à or à cause de? (2) Which is correct: « Je râle, comme il pleut » or « Comme il pleut, je râle »? (3) You're talking to your boss: « ça me saoule » or « je trouve ça un peu dommage »?
Answers: (1) à cause de, (2) Comme il pleut, je râle, (3) je trouve ça un peu dommage.
Frequently asked questions
What does « râler » mean in French?
To grumble or moan about small, everyday things, often with a bit of humour. It's lighter and more casual than se plaindre, the general verb for complaining (often about a real problem).
What is the difference between « à cause de » and « grâce à »?
Both introduce a cause with a noun. À cause de is for a negative or neutral cause, grâce à for a positive one.
Can I use « du coup » in writing?
In a text message, yes. In an email to your boss or in an exam, donc or c'est pourquoi sounds better.
Keep going with Fluentable
Did you follow most of the debate? You may already be a solid B1. Take our free level test: you'll get an estimate of your level and ideas of what to work on next.
New episodes of Fluentable French come out regularly on YouTube. Marion and Robin are fictional characters and the stories are invented by the Fluentable team; the voices are 100% human.
Full transcript (in French)
The complete script of the episode, with a few small corrections. When Marion and Robin mention “the link in the description”, it's the button on this page. Read along while you listen, then try reading a part out loud.
Introduction
Marion : Ce matin, j'ai fait une expérience. J'ai compté combien de fois Robin a râlé entre huit heures et neuf heures.
Robin : Tu m'as espionné ?
Marion : Quatorze fois. Quatorze ! La pluie, le café, le métro, son voisin… Et à la fin de cet épisode, je vais te lancer un défi. Un défi impossible pour un Français.
Robin : Je sens que je vais râler.
Marion : Bonjour à tous et bienvenue dans Fluentable French. Moi, c'est Marion.
Robin : Et moi, c'est Robin, le râleur officiel de l'émission. Si tu veux connaître ton niveau de français, le test de niveau gratuit est dans la description.
Marion : Aujourd'hui, épisode de niveau B1, et une grande question : pourquoi les Français râlent-ils autant ? Et pour en parler, on va travailler un point de langue parfait pour les râleurs : la cause et la conséquence.
Robin : Parce que quand on râle, il faut toujours expliquer pourquoi. Sinon, ce n'est pas du râlage, c'est du bruit.
Partie 1 : c'est quoi, râler ?
Marion : Alors d'abord, râler, c'est quoi exactement ? Ce n'est pas juste se plaindre ?
Robin : Non, c'est plus subtil. Se plaindre, c'est triste. On se plaint quand on a vraiment un problème. Râler, c'est… un sport. On râle pour des petites choses, souvent avec un peu d'humour, et souvent sans attendre de solution.
Marion : Donne-moi un exemple.
Robin : Le métro arrive avec deux minutes de retard. Je dis : « Ah, c'est pas possible, ça ! Tous les jours, c'est pareil ! » Alors que, honnêtement, deux minutes, ce n'est rien.
Marion : Et pourtant tu râles.
Robin : Pourtant je râle. Comme tout le monde dans le métro, d'ailleurs. C'est un moment de partage. Les gens se regardent, ils soufflent ensemble… Pfff. C'est presque de l'amitié.
Marion : Pour toi, râler crée du lien ?
Robin : Absolument. Tu ne connais pas ton voisin, mais vous râlez ensemble contre la pluie. Du coup, vous avez une conversation. Grâce à la pluie !
Marion : Quelle belle philosophie.
Robin : Et toi, Marion, tu ne râles jamais ?
Marion : Si… un peu. Mais j'essaie de ne pas le faire. Parce que je trouve que ça crée une mauvaise ambiance. Quand quelqu'un râle toute la journée à côté de moi, je finis par être fatiguée. C'est contagieux.
Robin : Contagieux comme le rire ?
Marion : Non, contagieux comme un rhume.
Les mots de l'épisode
Marion : Avant d'aller plus loin, quelques mots indispensables pour râler comme un Français.
Robin : Premier mot : râler. Un râleur, une râleuse : quelqu'un qui râle souvent. Moi, par exemple.
Marion : Deuxième : ronchonner. C'est un synonyme, un peu plus doux, un peu plus enfantin. Mon grand-père ronchonne quand il n'a pas son journal.
Robin : Troisième : en avoir marre. C'est familier. Ça veut dire : je ne supporte plus cette situation. J'en ai marre de la pluie.
Marion : Quatrième : « C'est n'importe quoi ! » L'expression préférée des râleurs. On l'utilise quand on trouve quelque chose absurde ou mal fait.
Robin : Cinquième : souffler. Littéralement, c'est sortir de l'air par la bouche. Mais en France, souffler, c'est aussi montrer qu'on est agacé, sans parler. Comme ça.
Marion : Et le dernier : être de mauvaise humeur. Le contraire, c'est être de bonne humeur. Robin est de mauvaise humeur le lundi matin.
Robin : Et le mardi. Et le mercredi…
Le point de langue : la cause et la conséquence
Marion : Passons au point de langue. Quand on donne une cause, on explique pourquoi. Quand on donne une conséquence, on explique le résultat.
Robin : Pour la cause, le mot le plus simple, c'est « parce que ». Je râle parce que le métro est en retard.
Marion : Ensuite, il y a « comme ». Attention : « comme » se place au début de la phrase. Comme le métro est en retard, je râle.
Robin : Il y a aussi « puisque », quand la cause est évidente, connue de tout le monde. Puisque tu ne râles jamais, tu peux faire la vaisselle sans te plaindre.
Marion : Bien essayé. Et après, avec un nom, on utilise « à cause de » ou « grâce à ».
Robin : À cause de, pour une cause négative. Je suis en retard à cause de la grève. Grâce à, pour une cause positive. J'ai parlé à mon voisin grâce à la pluie.
Marion : Et pour la conséquence ?
Robin : Le plus courant, c'est « donc ». Il pleut, donc je râle. À l'oral, on entend tout le temps « du coup » : il pleut, du coup je reste à la maison.
Marion : Et à l'écrit, ou dans un registre un peu plus soigné, on dit « c'est pourquoi » ; à l'oral, « c'est pour ça que ». Robin râle beaucoup, c'est pourquoi ses collègues l'évitent le lundi.
Robin : Mes collègues m'adorent.
Marion : Petit défi pour toi qui écoutes : fais une phrase avec « à cause de » et une phrase avec « du coup » sur ta journée d'hier. Mets sur pause et dis-les à voix haute.
Partie 2 : le débat
Marion : Maintenant, le vrai débat. Robin, tu défends les râleurs. Donne-moi tes arguments.
Robin : Premier argument : râler, ça soulage. Quand on garde tout pour soi, on explose un jour. Comme on râle un peu tous les jours, on n'explose jamais. C'est une petite soupape.
Marion : Mon contre-argument : quand tu râles, tu te soulages, d'accord. Mais tu donnes ta mauvaise humeur aux autres. Du coup, toi, tu vas mieux, et moi, je vais moins bien.
Robin : Hmm. Deuxième argument : râler, c'est avoir un esprit critique. On ne dit pas « oui, oui, tout est parfait ». On remarque ce qui ne va pas. Et parfois, grâce aux râleurs, les choses changent.
Marion : Parfois… Mais la plupart du temps, on râle, et on ne fait rien. On râle contre la file d'attente, mais on reste dans la file d'attente.
Robin : C'est vrai. Troisième argument, le meilleur : râler, c'est drôle. Écoute bien un Français qui râle. Il exagère, il fait des grands gestes, il dit « c'est une catastrophe » pour un croissant trop cuit. C'est du théâtre !
Marion : Là, je suis d'accord. Quand tu râles contre ton grille-pain, c'est un spectacle.
Robin : Merci. Et toi, tes arguments contre ?
Marion : Premier argument : l'image. Beaucoup de visiteurs disent que les Français ont l'air mécontents, toujours un peu fatigués de tout. C'est dommage, parce que ce n'est pas vrai ! Les Français sont souvent très chaleureux, mais à cause du râlage, on ne le voit pas tout de suite.
Robin : C'est un bon point.
Marion : Deuxième argument : l'habitude. Si tu râles tout le temps, tu risques de ne plus voir le soleil, tu vois seulement le nuage.
Robin : Hmm… Le nuage est souvent là, quand même.
Marion : Tu vois ! Tu viens de le faire ! Troisième argument : il y a une meilleure façon de dire les choses. Au lieu de « c'est n'importe quoi », on peut dire « ce serait mieux si… ». On garde l'esprit critique, mais on propose une solution.
Robin : C'est très raisonnable. Trop raisonnable pour un Français.
Marion : Alors, conclusion ?
Robin : Ma conclusion : râler un peu, ça aide. Râler tout le temps, c'est fatigant. Pour tout le monde.
Marion : Je signe. Et toi qui nous écoutes, tu es plutôt râleur ou plutôt optimiste ? Et dans ton pays, on râle aussi ? Écris-le en commentaire, avec « parce que » ou « du coup », bien sûr.
Râler avec style : les expressions
Marion : Robin, puisque tu es le spécialiste, donne-nous les expressions des vrais râleurs. Mais attention : on précise à chaque fois si c'est familier ou pas.
Robin : Avec plaisir. Première expression : « Ça commence à bien faire. » On l'utilise quand une situation dure depuis trop longtemps. Le voisin fait du bruit tous les soirs ? Ça commence à bien faire. C'est un registre courant, on peut le dire presque partout.
Marion : Deuxième ?
Robin : « J'en ai ras-le-bol. » C'est comme « j'en ai marre », mais encore plus fort. C'est familier. On dit aussi : c'est le ras-le-bol général.
Marion : Troisième : « Ça me saoule. » Très familier, on l'entend surtout chez les jeunes. Ça veut dire : ça m'ennuie, ça m'énerve. Les réunions du lundi, ça me saoule.
Robin : Quatrième, ma préférée : « On se moque de qui ? » On la dit quand on a l'impression qu'on nous prend pour des imbéciles. Un café à sept euros ? Non mais on se moque de qui ?
Marion : Cinquième : « Ce n'est pas croyable ! » Ou, à l'oral, « c'est pas croyable », sans le « ne ». On exprime la surprise et l'agacement en même temps.
Robin : Et la sixième, plus polie, pour les râleurs bien élevés : « Je trouve ça un peu dommage. » C'est la version diplomatique. En réalité, ça veut souvent dire : je ne suis pas content du tout.
Marion : La politesse à la française. Retiens bien la différence : avec tes amis, tu peux dire « ça me saoule ». Avec ton chef, dis plutôt « je trouve ça un peu dommage ».
Les situations où tout le monde râle
Marion : Maintenant, on joue. Je décris une situation, et Robin râle. Puis moi, je réponds avec une solution. Prêt ?
Robin : Toujours prêt à râler.
Marion : Première situation : au restaurant. Tu as commandé il y a quarante minutes, et ton plat n'est toujours pas arrivé.
Robin : Non mais ce n'est pas croyable ! Quarante minutes ! Comme ils ont oublié ma commande, je vais mourir de faim. Du coup, je ne laisse pas de pourboire.
Marion : Ma réponse : tu appelles le serveur et tu dis calmement : « Excusez-moi, je crois que ma commande a été oubliée. » Souvent, le problème est réglé en deux minutes. Et parfois, on t'offre le dessert.
Robin : Hmm. Le dessert offert… Ça, c'est un argument.
Marion : Deuxième situation : tu es en voiture, il y a un embouteillage, et tu n'avances plus du tout.
Robin : Ça commence à bien faire. Tous les vendredis, c'est la même chose. À cause de ces bouchons, je vais rater le début du film.
Marion : Ma réponse : puisque tu ne peux rien faire, mets un podcast. Un podcast pour apprendre le français, par exemple.
Robin : Très subtil.
Marion : Troisième situation : tu dois remplir un formulaire administratif. Très long. Et à la fin, le site internet bugue, et tout est effacé.
Robin : Là, je râle, et j'ai raison. J'en ai ras-le-bol ! Je viens de passer une heure dessus ! On se moque de qui ?
Marion : Là, je suis d'accord, tu as le droit de râler. Ma solution : la prochaine fois, écris tes réponses dans un document à côté. Comme ça, si le site bugue, tu fais un simple copier-coller.
Robin : C'est intelligent. C'est énervant, mais c'est intelligent.
Marion : Quatrième et dernière situation : il fait beau, tu es en vacances, tu manges une glace au bord de la mer.
Robin : … La glace fond trop vite.
Marion : Tu vois ! Même dans la situation parfaite, tu trouves quelque chose !
Robin : C'est un talent. On ne choisit pas son talent.
Partie 3 : les auditeurs râlent aussi
Marion : Et maintenant, une nouvelle rubrique. On a imaginé les messages que nos auditeurs pourraient nous envoyer, des apprenants du monde entier qui râlent… contre le français. Et Robin, le spécialiste, va leur répondre.
Robin : Avec plaisir. Je suis le meilleur avocat des râleurs.
Marion : Premier message. Sarah, au Canada. Elle écrit : « Je râle contre les nombres français. Pourquoi soixante-dix, c'est soixante plus dix ? Et quatre-vingts, c'est quatre fois vingt ? C'est n'importe quoi ! »
Robin : Sarah, je te comprends. C'est vrai que c'est bizarre. Mais comme tout le monde utilise ces nombres en France, tu n'as pas le choix : il faut les apprendre. Petite consolation : en Belgique et en Suisse, on dit souvent septante et nonante. C'est plus logique.
Marion : Donc, si tu vas en Belgique, tu auras moins de problèmes avec soixante-dix et quatre-vingt-dix.
Robin : Mais en France, il faut s'entraîner. Mon conseil : dis à voix haute les numéros de téléphone de tes amis, en français, tous les jours. Avec de la pratique, soixante-dix-sept, ça passe tout seul.
Marion : Deuxième message. Kenji, au Japon. « Je râle parce que les Français parlent trop vite. Dans les films, je ne comprends rien. Du coup, je regarde avec des sous-titres anglais, et je n'apprends rien. »
Robin : Kenji, ton râlage est légitime. Les Français parlent vite, et ils mangent la moitié des mots. Mais attention à ta conséquence : si tu regardes avec des sous-titres anglais, ton cerveau lit l'anglais, et il n'écoute plus le français.
Marion : Notre conseil : regarde avec des sous-titres en français. Comme ça, tu entends et tu lis la même chose. C'est plus difficile au début, mais tu progresses plus facilement.
Robin : Et choisis des séries où les gens parlent de la vie quotidienne, pas des films d'action où tout le monde crie.
Marion : Troisième message. Lucía, en Espagne. « Je râle contre le genre des mots. Pourquoi la table est féminine et le bureau masculin ? Je me trompe tout le temps, et c'est énervant. »
Robin : Lucía, là, je n'ai pas de bonne nouvelle. Il n'y a pas vraiment de logique. Mais il y a des astuces. Par exemple, beaucoup de mots qui finissent comme « nation » sont féminins : la nation, l'information, la question. Et beaucoup de mots qui finissent comme « moment » sont masculins : le moment, le monument, le sentiment.
Marion : Et le meilleur conseil : n'apprends jamais un mot seul. Apprends toujours le mot avec son article. Pas « table », mais « la table ». Comme ça, le genre entre dans ta tête en même temps que le mot.
Robin : Quatrième message, et c'est mon préféré. Tom, en Australie. « J'ai vu votre épisode, et maintenant, je râle comme un Français. Ma famille ne me supporte plus. C'est votre faute. »
Marion : Oh non ! On a créé un monstre.
Robin : Tom, je suis très fier de toi. Tu as compris l'essentiel de la culture française. Mais pour ta famille, fais comme on a dit : un peu de râlage, ça aide. Beaucoup, c'est fatigant.
Marion : Tu remarques que dans tous ces messages, il y a des causes et des conséquences ? Je râle parce que les Français parlent vite. Du coup, je regarde avec des sous-titres. Comme je me trompe tout le temps, c'est énervant.
Le test des dix minutes
Marion : Robin, avant le défi de demain, un petit entraînement. Tu as dix minutes. Raconte-moi ta matinée d'aujourd'hui… sans râler. Seulement du positif.
Robin : D'accord. Je commence. Ce matin, je me suis réveillé à sept heures. Il pleuvait, donc… donc les plantes de mon balcon étaient contentes.
Marion : Très bien ! Tu as transformé la pluie en bonne nouvelle.
Robin : Ensuite, je suis allé prendre le métro. Il était plein. Grâce à ça… j'ai eu très chaud, et je n'ai pas eu besoin de manteau.
Marion : C'est un peu forcé, mais j'accepte.
Robin : Au bureau, la machine à café était en panne. Du coup… du coup… non mais franchement, c'est la troisième fois ce mois-ci ! On se moque de qui ?
Marion : Et voilà ! Trois minutes ! Tu as tenu trois minutes !
Robin : La machine à café, c'est ma limite. Tout le monde a une limite.
Marion : Bon, je te donne une deuxième chance. Trouve une conséquence positive à la machine à café en panne.
Robin : Hmm… Comme la machine était en panne, je suis descendu au café d'en bas. Et là, j'ai pris un vrai café, dans une vraie tasse, avec un petit chocolat. C'était… meilleur.
Marion : Tu vois ! C'est ça, l'art de transformer un râlage en bonne nouvelle.
Robin : D'accord. Mais je râle quand même un peu : le petit chocolat était trop petit.
Marion : Incorrigible. Et toi qui écoutes, essaie aussi : raconte ta matinée sans râler, avec « donc », « grâce à » et « comme ». Si tu tiens plus de trois minutes, tu fais mieux que Robin.
Partie 4 : le tribunal des râleurs
Marion : Dernier jeu avant les erreurs fréquentes : le tribunal des râleurs. Je décris une situation. Robin râle. Et ensemble, on décide : est-ce que ce râlage est justifié, ou pas ?
Robin : Je suis l'accusé et l'avocat en même temps. C'est pratique.
Marion : Première affaire. Dimanche matin, huit heures. Ton voisin commence des travaux. Une perceuse. Pendant une heure.
Robin : Alors là, je râle, et fort. Le dimanche matin, c'est sacré ! Comme toute la semaine je me lève tôt, le dimanche, j'ai besoin de dormir. Donc, perceuse à huit heures, c'est une attaque personnelle.
Marion : Le tribunal délibère… Râlage justifié. Mais attention à la façon de râler. Si tu vas frapper chez ton voisin en criant, il va se fâcher, et la situation sera pire.
Robin : Alors qu'est-ce que je fais ?
Marion : Tu attends qu'il ait fini, et tu lui dis calmement : « Bonjour, le dimanche matin, c'est un peu difficile pour moi. Est-ce que vous pourriez faire vos travaux un peu plus tard ? » Comme tu es poli, il va sans doute accepter.
Robin : C'est très civilisé. Je n'aime pas, mais c'est efficace.
Marion : Deuxième affaire. Tu fais la queue à la boulangerie. Quelqu'un arrive et passe devant toi, comme si tu n'existais pas.
Robin : Non mais je rêve ! Il y a une file d'attente, monsieur ! Ce n'est pas une suggestion !
Marion : Le tribunal délibère… Râlage justifié à cent pour cent. En France, passer devant quelqu'un dans une file, c'est un crime grave. Enfin, presque.
Robin : Et ma réponse polie ?
Marion : Tu dis simplement : « Excusez-moi, je crois que c'était mon tour. » Souvent, la personne n'a pas fait exprès. Elle n'avait pas vu la file, à cause de la foule.
Robin : Ou elle l'avait très bien vue.
Marion : Ou elle l'avait très bien vue. Troisième affaire. Il y a deux semaines, tu as organisé un pique-nique avec tes amis. Le jour du pique-nique, il pleut.
Robin : Ah, la météo. Mon ennemie de toujours. C'est toujours pareil, dès que je prévois quelque chose dehors, il pleut.
Marion : Le tribunal délibère… Râlage non justifié. La pluie ne t'écoute pas. Et surtout, il y a une solution : le pique-nique dans le salon !
Robin : Le pique-nique dans le salon… Avec une nappe par terre ?
Marion : Avec une nappe par terre, les sandwiches, le fromage, et de la musique. Grâce à la pluie, tu découvres un nouveau concept.
Robin : D'accord, je retire mon râlage. Partiellement.
Marion : Quatrième affaire, et celle-ci est importante pour nos auditeurs. Tu es un étranger en France. Tu essaies de commander en français au restaurant. Et le serveur te répond tout de suite en anglais.
Robin : Ah. Celle-là, je la connais. Beaucoup d'apprenants râlent contre ça. Ils font un effort, et on leur répond en anglais. Du coup, ils se sentent nuls.
Marion : Le tribunal délibère… C'est compliqué. Le râlage est compréhensible. Mais souvent, le serveur veut juste aider, ou il veut aller vite parce qu'il a beaucoup de clients.
Robin : Alors la solution, c'est de continuer en français. Gentiment. Tu peux dire : « Je préfère parler français, j'apprends. » En général, les gens sourient, et ils continuent en français.
Marion : C'est une phrase magique. Mets sur pause et répète-la : je préfère parler français, j'apprends.
Robin : Cinquième et dernière affaire. Tu as un podcast avec une collègue très gentille, mais elle compte combien de fois tu râles le matin.
Marion : Le tribunal délibère… Râlage non justifié. La collègue a toujours raison.
Robin : Ce tribunal est corrompu.
Les erreurs fréquentes
Marion : Petit retour sur la cause et la conséquence, avec les erreurs les plus fréquentes.
Robin : Erreur numéro un : « parce que » avec un nom. On entend : « Je suis en retard parce que la grève. » Non. Après « parce que », il faut un verbe : parce qu'il y a une grève. Avec un nom, on utilise « à cause de » : à cause de la grève.
Marion : Erreur numéro deux : « grâce à » pour quelque chose de négatif. « J'ai raté mon bus grâce à la pluie. » C'est bizarre, sauf si tu veux être ironique. Pour une cause négative, on dit « à cause de ».
Robin : Erreur numéro trois : « comme » au milieu de la phrase. « Je reste à la maison comme il pleut. » Non. Quand « comme » exprime la cause, il se met au début : comme il pleut, je reste à la maison.
Marion : Et erreur numéro quatre : utiliser « du coup » partout. C'est très français, on l'entend toutes les dix secondes. Mais dans un e-mail professionnel ou dans un examen, préfère « donc » ou « c'est pourquoi ».
Robin : Du coup, il faut faire attention.
Marion : Exactement.
À toi de jouer
Marion : À toi de jouer ! Je vais te donner une phrase de râleur. Ton travail : la transformer en proposition, avec « ce serait mieux si » ou « on pourrait ». Robin va montrer l'exemple.
Robin : Le râlage : « Ce bureau est trop bruyant, c'est n'importe quoi. » La proposition : « Ce serait mieux si on avait une salle calme pour les appels. »
Marion : Parfait. À toi maintenant. Premier râlage : « Les réunions durent trop longtemps, ça me saoule. » Transforme-le en proposition. Une réponse possible : « On pourrait limiter les réunions à trente minutes. »
Robin : Deuxième râlage : « Il n'y a jamais de pain à la maison, j'en ai marre. » Une réponse possible : « Ce serait mieux si on achetait le pain à tour de rôle. »
Marion : Troisième râlage : « Le bus est toujours en retard, c'est pas croyable. » Une réponse possible : « On pourrait partir dix minutes plus tôt, ou prendre le vélo. »
Robin : Bon. Je dois l'admettre : c'est plus constructif.
Marion : Et c'est aussi un très bon exercice de français. Ce serait mieux si tu le refaisais demain, avec tes propres râlages.
Les phrases à retenir
Robin : Voici les dix phrases à retenir. Mets sur pause après chacune pour la répéter, et copie bien l'intonation, surtout celle du râleur.
Marion : Je râle parce que le métro est en retard.
Robin : Comme il pleut, je reste à la maison.
Marion : Je suis en retard à cause de la grève.
Robin : J'ai parlé à mon voisin grâce à la pluie.
Marion : Il fait froid, du coup je prends un café.
Robin : J'en ai marre de ces embouteillages.
Marion : Ça commence à bien faire.
Robin : Non mais on se moque de qui ?
Marion : Je trouve ça un peu dommage.
Robin : Ce serait mieux si on en parlait calmement.
Marion : Bravo. Si tu répètes ces phrases avec la bonne intonation, tout le monde pensera que tu es né en France.
Quiz
Robin : Le quiz. Sept questions : d'abord deux questions de compréhension, puis cinq autres. Si tu veux chercher, mets l'épisode sur pause après chaque question : la réponse arrive juste après.
Marion : Première question de compréhension. Pour Robin, pourquoi râler crée du lien ? Réponse : quand on râle ensemble contre la pluie ou le métro, on commence une conversation avec des inconnus.
Robin : Deuxième question de compréhension. Dans le test des dix minutes, qu'est-ce qui m'a fait râler ? Réponse : la machine à café du bureau, en panne pour la troisième fois du mois.
Marion : Question un. Complète : « Je suis arrivée en retard… la grève. » Grâce à ou à cause de ? Réponse : à cause de la grève. La cause est négative.
Robin : Question deux. Quelle phrase est correcte ? A : « Je râle, comme il pleut. » B : « Comme il pleut, je râle. » Réponse : B. « Comme » se place au début de la phrase.
Marion : Question trois. Que veut dire « en avoir marre » ? Réponse : ne plus supporter une situation. J'en ai marre de la pluie.
Robin : Question quatre. Corrige la phrase : « Je suis en retard parce que la grève. » Réponse : je suis en retard à cause de la grève. Ou : parce qu'il y a une grève.
Marion : Question cinq. Tu parles à ton chef. Quelle expression choisis-tu : « ça me saoule » ou « je trouve ça un peu dommage » ? Réponse : je trouve ça un peu dommage. « Ça me saoule » est très familier.
Le défi
Robin : Bon. Et ton fameux défi, alors ?
Marion : Voilà : demain, tu passes vingt-quatre heures sans râler. Pas une seule fois. Et si tu râles, tu dois dire à la place une chose positive.
Robin : Vingt-quatre heures… C'est inhumain. C'est n'importe quoi !
Marion : Et voilà, premier râlage, et le défi n'a même pas commencé ! Et toi, tu pourrais tenir vingt-quatre heures ?
Au revoir
Robin : Avant de partir : si tu as suivi tout ce débat, ton français est peut-être déjà très solide. Fais notre test de niveau gratuit pour le savoir, le lien est dans la description.
Marion : Merci d'avoir écouté Fluentable French. Et… essaie de ne pas râler aujourd'hui !
Robin : On ne promet rien. À bientôt !